Boulevard des banquises

Publié le par Zizi Mule A Tresse

Incipit :

Il devait être minuit quand Sarah fut soudain terrassée par le pressentiment d’une catastrophe imminente. En l’espace d’une seconde son sang se figea dans ses veines, sa peau devint froide, et les battements de son cœur emballé lui emplirent les oreilles d’un martèlement assourdissant. Elle eu l’impression que le muscle cardiaque heurtant douloureusement ses côtes était en train de gonfler à l’intérieur de sa poitrine, refoulant ses poumons en vrac dans un recoin de sa cage thoracique. Oui, son cœur grossirait comme une vessie de caoutchouc raccordée à une pompe en folie. Bientôt il disloquerait les cartilages, éparpillerait les membrures des os… Couchée sur le dos, elle froissait entre ses doigts les draps humides de la couchette. La mince cloison de fer lui transmettait la palpitation des vagues captée par les tôles boulonnées au ras de la ligne de flottaison. Le bruit, tout proche, à peine déformé par la résonance métallique, emplissait la cabine d’un écho liquide effrayant. C’était comme si une brèche venait de s’ouvrir dans la coque, emplissant les ponts inférieurs d’une écume mousseuse. Sarah voulut se redresser comme son corps avait pris à l’occasion du sommeil la densité du marbre. Il gisait pesamment sur la couchette de crin, rebelle à tout déplacement.

 

4ème de couverture :

Sarah, romancière déçue, accepte faute de mieux de rédiger le guide touristique de Gottherdäl, une île qui semble vivre en dehors du temps, perdue dans les glaces du pôle Nord. Mais quels sinistres secrets cachent les aberrations architecturales de cette Venise de l’Arctique ? Quel est le but des cérémonies expiratoires dans lesquelles se complaisent, chaque nuit, les habitants de l’île ? Quel crime ancien ronge leurs âmes ? Un grand roman fantastique où culpabilité, fascination morbide et quête de soi constituent les étapes d’un périple onirique extraordinaire…

 

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L’avis de Zizi :

Un pas de plus dans la folie humaine. Gottherdäl, la Vénice des banquises, est aussi attachante qu’une chair à vif collée à un bloc de glace. Brussolo ne prend pas de gants. Dès le début, le malaise et l’angoisse nous étreignent, dès que Sarah pose le pied dans cette ville étrange, l’envie de déguerpir nous saisit à la gorge. Or, on ne peut pas. La curiosité et la plume incroyable de Brussolo nous tiennent en son pouvoir. Ici la fourrure n’est pas synonyme de luxe mais de sauvagerie ravalée, et si la douleur semble délicieuse, c’est parce qu’elle a un goût de pardon accordé de mauvaise grâce. Les hommes de cette ville vivent masqués pour éviter la morsure du froid, refusent la lumière la nuit pour cacher leur culpabilité et portent le silice comme une croix. Boulevard des banquises doit être lu juste après A l’image du dragon, afin de mieux savourer la saveur du sang et des remords qui sommeillent sous la neige assassine.

 

Le conseil de lecture de Zaza :

N’allez pas seul aux bains. Vérifiez la couture des sous-vêtements que vous allez acheter. Si vous êtes un étranger, faites vous tout petit. Respectez les traditions. Méfiez-vous de ceux qui portent des masques.

 

Zizi et Zaza ont déambulé dans Boulevard des banquises dans le cadre du CHALLENGE BRUSSOLO

 

challenge-serge-brussolo

Publié dans La Belle Bibli

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Hôtel Eden Party 29/09/2010 00:58


de beaux glaciers en perspective neigeuse!
Lovi zazizouzi!


RaPHaeLLaKay 26/09/2010 15:35


des soutifs d'enfer ! XD
sinon, j'ai aimé mais moins que les autres bouquins... des passages un peu long et parfois ridicules et même pas effrayant ou écoeurant (comme lorsqu'elle discute avec ses parents noyés, la scène
ne rend pas bien)