Ceux qui dorment en ces murs

Publié le par Zizi Mule A Tresse

Incipit :

Un fantôme vêtu de lin blanc

L’homme consulta le calendrier. On était le dernier jour du mois d’avril, il était temps de faire les comptes. Ouvrant le registre posé sur la table, il se demanda combien d’hommes, de femmes, il lui faudrait tuer aujourd’hui… Il entrebâilla l’armoire en teck où l’attendait, suspendu à un cintre, le costume de lin blanc emblème de sa fonction. D’un œil scrutateur, il examina le chapeau tropical, blanc lui aussi, d’une paille si fine, si souple qu’on pouvait le rouler dans une poche sans qu’il se déforme. Il poussa un sourire de soulagement, tout était parfait. Lorsqu’il jouait les bourreaux, il aimait être impeccable, d’une élégance un brin démodée. Allumant un torpédo Bolivar, Belicosos Finos, il se pencha sur le registre, vérifia additions et soustractions. Parfois, les chiffres s’équilibraient, sauvant de justesse le condamné. Alors, l’homme ricanait.  « Cette fois, c’était à un poil près… », murmurait-il pour lui-même.

 

4ème de couverture :

Ils vivaient en bordure de l’Amazone. Ils détestaient les missionnaires, ils réprouvaient la morale des Blancs. Ils avaient leurs propres coutumes. Il n’y avait pas de police chez eux, mais un comptable surnommé « le diable au chapeau blanc » dont la fonction consistait moins à punir qu’à remettre les compteurs à zéro. Ils avaient le droit de voler, de tuer, à condition de se soumettre à l’appréciation de ce juge qui les notait, comme un maître d’école. Une bonne action compensait un crime. On avait le droit d’assassiner ses voisins à condition de sauver un bébé d’un incendie ; il fallait que les notes s’équilibrent… Si c’était le cas, vous pouviez aller librement, sans avoir à redouter la moindre sanction. Dans le cas contraire, il vous restait peu de temps à vivre. Très peu de temps… Quand on vit à proximité de la jungle, il n’y a pas d’âge pour avoir peur de l’obscurité.

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L’avis de Zizi :

Il n’y a pas d’âge pour se plier à la baguette du maître d’école, ou plutôt, à son calepin et à son crayon. On semble ne rien gagner à bien agir, mais commettre des erreurs peut être fatal. Brussolo a distillé notre crainte du maître, qui voit tout même lorsqu’il écrit au tableau, et l’a incorporé à notre peur de la nature indomptable et mystérieuse. La jungle, gardée par les singes, sert d’écrin à une ville caveau, où les futurs morts se promènent et ont recoure au talent d’une sorcière enceinte d’un démon. La cité de Sâo Carmino, où un lutteur étrange étrangle des frigos et des chats, qui a été assiégée par les singes et le théâtre d’évènements incroyables, est à l’image de Brusssolo ; inquiétante et fascinante.

 

Le conseil de lecture de Zaza :

Réfléchissez à deux fois avant de tuer ou de sauver quelqu’un. Méfiez-vous de la jungle. Prenez garde à la fumée du cigare.

 

Zizi et Zaza ont suivi Ceux qui dorment en ces murs dans le cadre du CHALLENGE BRUSSOLO

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Publié dans La Belle Bibli

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RaPHaeLLaKay 01/08/2010 18:50


quelques cacahuètes feront l'affaire ?!


Raphaellakay 29/07/2010 17:35


Benitooooo ! Oh Benitoooo XD


Zizi Mule A Tresse 29/07/2010 18:31



et l'offrande ???