La nuit du bombardier

Publié le par Zizi Mule A Tresse

Incipit :

Le train…

Le bruit du train.

L’enfant qu’on appelait David aurait voulu se boucher les oreilles, résister à ce fracas rythmé, à ce martèlement sourd dont le vacarme se faisait berceuse, prenant les rênes de ses pensées pour les diriger comme un chef d’orchestre. Ecouter le bruit du train, c’était se condamner à ne plus pouvoir parler qu’en cadence. « Je-ne-veux-pas-dormir…Je-n’veux-pas-d’mir…J’ne-vpas-d’mir… » Les mots se disloquaient et il devenait impossible de les prononcer autrement qu’avec une voix de robot déréglé… de ces robots de bande dessinée qui débitent les phrases en rondelles et poussent des hoquets de ferraille comme s’il mâchaient des ressorts en guise de chewing-gum. David se ratatina sur sa couchette. Il faisait noir et chaud dans le compartiment. Trop noir et trop chaud. Le train filait dans la nuit, le mufle bas, accroché à ses rails, bêtes obstinée transperçant les montagnes par la blessure des tunnels. 

 

4ème de couverture :

Après le viol de sa mère auquel il a assisté, David est envoyé en pension à Triviana-sur-Mer par sa grand-mère. Il espère pouvoir échapper aux cauchemars qui le hantent, mais va très vite déchanter. Pas question de trouver le moindre réconfort auprès des autres pensionnaires : ils se regroupent en fraternités aux rites d’initiation aussi barbares que secrets. Et il règne sur la petite ville une atmosphère délétère depuis que, trente ans plus tôt, un mystérieux bombardier s’est écrasé sur un parc d’attractions voisin, tuant et mutilant des centaines de personnes. LA région serait-elle hantée ? David serait-il contaminé par la folie de sa mère, internée en hôpital psychiatrique ? Et que s’est-il réellement passé cette fameuse nuit du bombardier ?

Serge Brussolo, au sommet de son art, livre avec La nuit du bombardier un roman fantastique aux images fortes et terrifiantes. 

 

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L’avis de Zizi 

Alors là, Brussolo a pris à pleines mains tout ce qui nous fait horreur. La guerre, avec ses blessures et ses traumatismes qui font des hommes des monstres hideux. L’internat, avec ses règles sournoises où les faibles flanchent et où les fortes têtes rabaissent les psychopathes aux rangs d’angelots. Et les faits divers, avec le viol. Ce roman fantastique est un pas de plus vers la noirceur que peut abriter le coeur des hommes; et des enfants. Les images sont terrifiantes, saisissantes, nourries de la réalité et on dirait qu’elles ne demandent qu’à être vraies, de bondir du papier à la rue. Pourtant, il nous offre en parallèle l’histoire dérangeant d’une mère et d’un fils, seuls face au monde, séparés et réunis tant bien que mal. Des survivants hagards, piégés par une machine infernale descendue des étoiles et qui fouille leur tête et leur corps. Le  lecteur n’est pas épargné, lui aussi voit son poil se hérisser, sa pupille se dilater par la peur. Et il en redemande. Les happy ends, Brussolo leur tord délicieusement le cou. 

 

Le conseil de lecture de Zaza :

Ne vous coupez pas avec vos couverts. Evitez le jaune. Ne perdez pas la tête pendant les fêtes foraines. N’oubliez pas que la folie peut vous sauver la vie.

 

Zizi et Zaza ont veillé pendant La nuit du bombardier dans le cadre du CHALLENGE BRUSSOLO

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Publié dans La Belle Bibli

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Raphaellakay 06/02/2011 13:45


que de choses terribles dans ce livre mais évitons le spoiler ! (pourtant j'en ai bien envie ! XD )


Zizi Mule A Tresse 06/02/2011 13:48



Merci pour ceux qui ne l'ont pas encore lu :p



Violette 03/01/2011 10:37


il faut continuer alors puisque c'est une réussite :-)))


Violette 31/12/2010 20:43


Brussolo c'est à mini-dose chez moi... mais j'aime beaucoup ton billet !


Zizi Mule A Tresse 01/01/2011 11:31



Merci !


Je n'avais jamais rédigé de billets pour les livres avant, donc Brussolo me sert de "baptême" en la matière.